Cet article demande JavaScript pour afficher les scènes 3D. Voici le texte intégral, sans les scènes ; les sources sont listées en bas de page.
Le pays d'Aragats
« Bavê Bava… » — le père des pères.
Refrain du kilamê ser, chant de deuil et de gloire consacré à Jangir Agha, collecté en avril 2006 auprès du chanteur Binbaş, d'Elegyez [1]. Le chant raconte trois cavaliers qui reviennent. Ici, seule l'idée est résumée ; le texte n'est pas reproduit.
Fin mai 1918, la neige tient encore sur les hauts de l'Aragats, ce volcan de 4 090 mètres qui domine le nord de la plaine d'Erevan [37]. Dans la plaine, l'armée ottomane avance ; dans les vallées, des réfugiés attendent ; des cavaliers galopent d'un front à l'autre.
Parmi eux, un chef êzdî, Jangir Agha (Cangîr Axa en kurmancî), né vers 1874 près de Van [1].
Ce récit veut être épique et vrai. Ce qui est établi s'écrit au présent ; ce que la mémoire orale rapporte est annoncé comme tel : « la tradition rapporte… ». Les scènes en trois dimensions sont des reconstitutions composées à partir de modèles libres de droits et de décors construits en code : jamais des photographies.
La steppe de Van
Il naît vers 1874 dans un village nommé Çubuklu (Çibûxlî en kurmancî), dans le district de Bêgirî, au pays de Van [1][9][54]. L'année est approximative ; le jour exact, que certains sites donnent, n'est confirmé nulle part et nous ne l'écrivons pas. Il est le second fils de Khetiv Agha, chef des Mandikî, une tribu de la confédération des Zuqurî [1].
Jangir Agha avec sa famille, selon la légende du fichier, vers 1900-1903. Auteur inconnu. Wikimedia Commons, domaine public [30].
Autour de lui, un haut plateau, des pierres noires, un lac que les hivers rendent gris. Les Êzdî de ces montagnes parlent le kurmancî. Ils gardent leur foi, le Şerfedîn, appelé yézidisme en français, et le culte de Tawûsê Melek, l'Ange Paon [1][47]. Ils vivent de leurs troupeaux, de leurs chevaux, de leur parole. Vers 1900, Jangir Agha est l'agha d'une douzaine à une vingtaine de villages êzdî, selon les sources [19][30].
La tradition raconte que son grand-père, Cihangir, dit Midur Agha, mourut empoisonné vers 1830 au cours d'une assemblée militaire du vilayet [1]. C'est une histoire de famille, transmise par la mémoire orale, et non un fait d'archive. Elle dit ce que ces familles retiennent du pouvoir : qu'il se paie cher.
Les années 1890 sont dures. En 1892-1893, le gouverneur ottoman Omar Wahbi Pacha lance des conversions forcées pour lever des unités de cavalerie irrégulière à partir des Êzdî ; le Mîr des Êzdî, au Şêxan (vilayet de Mossoul), est contraint de se convertir, et le sanctuaire de Lalish est saisi [1][5]. Jangir Agha a alors dix-huit ou dix-neuf ans.
II. Le conseil du père
Avant de mourir, entre 1904 et 1906, dit la tradition, Khetiv Agha conseille à son fils de transformer la richesse de la tribu en chevaux et en armes [1]. Ce récit vient de la mémoire êzdî, recueillie par la chercheuse Christine Allison ; il n'existe pas d'acte qui le confirme.
Le fils obéit. Il vend, selon cette même tradition, la plus grande partie du bétail. Il achète des chevaux à Alep, des armes à des intermédiaires russes et arméniens [1]. Un troupeau de moutons devient une écurie : c'est un pari sur l'avenir.
La légende retient deux nuits. Dans la première, il défend sa maison avec son épouse Almast contre une attaque nocturne [1]. Dans la seconde, il enterre son frère Temer lorsque des hommes des Hamidiye, des cavaliers irréguliers levés par l'État ottoman, attaquent les funérailles [1]. Ces scènes appartiennent au récit familial ; elles ne sont pas documentées ailleurs.
Sa petite-fille, Zemfira Khatieva, date de 1909 sa première rencontre avec le général arménien Andranik : apprenant qu'il était fiancé, Andranik aurait proposé d'être le kavor, le parrain, de son mariage [16]. Une encyclopédie russe en ligne situe cette rencontre au village d'Azarian, dans le canton d'Archak [49] ; des récits communautaires la placent dès 1904. Aucun document d'époque ne la décrit.
Le rôle de Jangir Agha dans les Hamidiye est l'un des points débattus. Certaines sources en font le chef d'un régiment de cavalerie irrégulière ottomane [9][10] ; la mémoire êzdî, au contraire, le décrit toute sa vie en lutte contre ces mêmes unités [1] ; dans un chant de dengbêj, ce sont « mille sept cents hommes des Hamidiye » qu'il affronte [54]. Aucune pièce d'archive ne tranche. Nous donnons les deux versions, et nous laissons le lecteur avec cette incertitude.
Ce que cette légende dit d'une époque est plus sûr : chez les Êzdî des montagnes de Van, un chef est d'abord un homme capable de défendre les siens, la nuit, sans attendre personne.
Dercemed
En 1915, après la prise de Van par l'armée russe, il se range du côté russe avec d'autres chefs êzdî [9][10][14]. Dès 1915, 120 000 à 150 000 réfugiés arméniens avaient gagné la Transcaucasie russe [7]. Jusque-là, le rattachement de sa cavalerie tribale est discuté (voir chapitre II).
Vient alors le récit de Dercemed, près de la frontière perse, que la tradition orale a mis en chant [1]. Selon ce récit, la colonne marche vers la zone russe : familles, bêtes, bagages. Puis c'est l'embuscade, dans une gorge. Le chant dit que la colonne y perd presque tous ses biens, et de nombreuses familles [1].
Un jeune Arménien du nom de Misak est associé à cette scène. Selon Boyîk, l'écrivain êzdî dont le texte est rapporté par Allison, Misak, en mourant, lui donne ses dernières balles et lui fait comprendre que sa mort importe peu si les autres survivent [1]. Nous rapportons ces paroles au discours indirect : elles sont celles d'un récit, non d'un procès-verbal.
Le chant de Binbaş, collecté en avril 2006, parle de 1 700 soldats [1] ; une autre version, chantée par Şibiliyê Çaçan, donne le même nombre et en fait des cavaliers Hamidiye [54]. Ce chiffre est un vers, non un bilan ; nul historien ne l'a vérifié. Le refrain revient : trois cavaliers reviennent, et le chant dit bavê Bava, le père des pères [1].
Jangir Agha s'installe ensuite dans la province de Kars et s'allie avec Usub Bek, chef êzdî de la tribu Hesenî [1][13]. Une variante, présente dans d'autres sources, le fait passer plus tôt encore à Jarjaris, près d'Aparan, en assurant le passage de réfugiés arméniens et êzdî vers l'est [19][20]. Les deux versions cohabitent.
Usub Bek n'est pas un nouveau venu en terre russe. Son grand-père, Temur Agha, y avait déjà conduit des familles êzdî depuis l'Empire ottoman, vers le milieu du XIXe siècle. Usub Bek le rappelle lui-même dans une lettre à l'empereur de Russie. Un extrait en a été publié : il y remercie le souverain au nom de « 3 000 familles » arrivées soixante ans plus tôt avec son grand-père [61][62]. L'extrait ne porte pas de date. Ce chiffre est celui d'un chef qui parle pour les siens, pas celui d'un recensement. La lettre dit pourtant l'essentiel : quand Jangir Agha arrive à Kars, il rejoint un peuple déjà en chemin depuis deux générations.
La guerre des montagnes
Durant l'hiver 1917-1918, l'armée russe se retire du front du Caucase. Les réfugiés, Arméniens et Êzdî, affluent vers l'est [7]. Environ 12 000 Êzdî des provinces de Van, Kars et Surmalu trouvent refuge en Arménie durant la guerre [6].
Selon la mémoire êzdî recueillie par Allison, Jangir Agha combat alors à Kars et à Sarıkamış, aux côtés d'Andranik et d'Usub Bek, dans un repli qui escorte les colonnes de civils [1].
Que sait-on de sa manière de faire la guerre ? Peu de chose. Les récits rapportent des attaques de nuit ou à l'aube, une bonne connaissance du terrain, des guides venus des villages des pentes de l'Aragats, des mouvements rapides d'un front à l'autre, et une mission de destruction de pont [1]. Au-delà, les sources ne disent rien de sa tactique, et nous n'inventons pas.
La tradition dit qu'au printemps 1918 il reçoit l'ordre de faire sauter le pont de l'Araxe à Margara [1] ; aucun document ne l'atteste.
Une autre tradition, rapportée par le seul historien Vahan Melikyan et connue de seconde main, le dit tenir neuf jours au défilé de Zelan pour protéger un convoi de réfugiés [22]. Nous la mentionnons en une phrase : elle n'est ni confirmée ni infirmée.
Sardarapat, la nuit et l'aube
Le 15 mai 1918, les troupes ottomanes prennent Alexandropol, l'actuelle Gyumri, puis avancent en trois colonnes vers Erevan et Karakilisa [11][12]. Sur ce front, les Arméniens alignent environ 9 000 à 10 000 hommes, puis 6 000 à 6 500 quand une partie part renforcer Bash-Aparan ; en face, la colonne ottomane est estimée de 7 500 à 10 000 hommes, dont un régiment d'environ 1 500 cavaliers kurdes [11]. Le corps d'armée ottoman engagé en mai sur l'ensemble des fronts compte, lui, 30 000 à 33 000 hommes [11]. Côté ottoman, les commandants se nomment Wehib Pacha, Kâzım Karabekir et Rüştü Bey ; côté arménien, Movses Silikyan, Daniel Bek-Pirumyan et Tovmas Nazarbekian [11].
La bataille de Sardarapat dure du 21 au 29 mai. Le détachement d'Erevan compte un bataillon de cavalerie êzdî, placé sous Usub Bek et Jangir Agha [11]. La nuit du 21 au 22, près du village de Molla Bayazet, l'actuel Bambakashat, un détachement monté êzdî d'environ 300 hommes, conduit par Jangir Agha, échange des tirs avec les troupes ottomanes aux côtés de miliciens arméniens. Il les empêche de frapper le dispositif arménien sur ses flancs et ses arrières, et donne aux régiments le temps de se mettre en ordre de bataille [11][50]. C'est ce que rapportent une histoire de l'Arménie en plusieurs volumes, publiée à Erevan en 2010 et que nous citons de seconde main [51], et les récits de la bataille, dont celui de Serge Afanasyan (1985), cité par Allison [1]. Ce rôle est probable ; aucune pièce d'archive ne le documente.
La tradition êzdî ajoute une image : Jangir Agha aurait attaqué à l'aube sans attendre l'accord du commandement [1]. Nous la donnons pour ce qu'elle est : un récit qui exalte l'audace, transmis par Boyîk.
Les effectifs de sa cavalerie sont eux-mêmes une controverse : une centaine de cavaliers selon la mémoire des villages d'Aparan [1] ; environ 300 la nuit du 21 au 22 mai [50] ; 700 selon une encyclopédie russe en ligne [14] ; 1 500 selon la plupart des sources arméniennes [16][20][49] ; 2 000 dans la communication officielle du ministère arménien de la Défense, en 2015 [17]. Le mot « bataillon » des récits suggère plutôt quelques centaines d'hommes engagés à la fois.
Le 28 mai, alors que les combats durent encore, la République d'Arménie est proclamée ; le 29, les troupes ottomanes se replient [11][12].
La chevauchée vers Aparan
Pendant que Sardarapat se joue, un autre front s'ouvre à Bash-Aparan. Les combats s'y déroulent du 23 au 29 mai 1918 : le défilé est tenu, la contre-attaque arménienne se lance le 25 avec la contre-offensive de Dro, le retrait ottoman a lieu le 29 [12][52][53]. La date du 16-18 mai que l'on lit parfois n'est pas retenue. Selon l'historien Vigen Avetisyan, avant que Dro ne prenne le commandement de ce front, le 23 mai, un régiment monté êzdî et la milice tenaient seuls devant les troupes régulières ottomanes [21]. Jangir Agha figure parmi les commandants arméniens de ce front ; côté ottoman, Esad Pacha figure parmi les commandants [12]. Selon l'encyclopédie Hayazg, sa cavalerie constitue une grande part de la cavalerie arménienne engagée [14].
La tradition rapporte que, avant la bataille, des villages êzdî proches d'Aparan sont occupés et des civils tués, environ soixante-dix hommes selon la mémoire êzdî, dans le village de Camûşvan, l'actuel Alagyaz [1]. Ce récit vient de témoins cités par Allison. Nous n'en montrons rien : quelques chevaux sans cavaliers, la lumière et ce texte sobre suffisent.
Toujours selon la tradition, Jangir Agha galope alors depuis Sardarapat et attaque sans attendre l'ordre de Dro [1]. La distance entre les deux fronts est grande, la date exacte incertaine, et la scène ne peut être établie avec précision ; elle demeure une image forte de la mémoire.
Un mot sur Karakilisa, du 25 au 28 mai : bataille indécise et coûteuse, sa participation n'y est pas documentée [15]. Nous ne l'attribuons pas à Jangir Agha.
Après la bataille, selon la mémoire êzdî, il s'établit au village de Cerceris (Jarjaris, Dêrik), près d'Aparan, et répartit ses hommes dans les villages êzdî [1].
Tout un peuple
Selon sa petite-fille, Zemfira Khatieva, en 1919, à Etchmiadzin, le général Andranik l'invite à émigrer ; il refuse : il avait « amené tout un peuple d'Arménie occidentale » [16]. La tradition ajoute qu'Andranik lui offre un habit de commandant [1]. C'est un témoignage familial, non un document.
Ce que les sources permettent de chiffrer est plus modeste. Pendant la guerre, environ 12 000 Êzdî trouvent refuge sur le territoire de l'actuelle Arménie ; le recensement de 1926 en compte 12 237 [6]. Quelle que soit la place exacte de Jangir Agha dans leur arrivée, la phrase de sa petite-fille dit ce qu'il fut pour les siens : un homme qui ne pouvait pas partir, parce que ceux qu'il avait conduits ici étaient là.
VIII. La république fragile
Le journal érévanais Ashkhatank aurait salué, le 8 juin 1918, les combats du « régiment êzdî » de Jangir Agha, « épaule contre épaule » avec les unités du général Silikyan, et jugé sa participation « décisive pour le sort des réfugiés et des habitants » [21]. Nous citons ces mots d'après l'historien Vigen Avetisyan : le numéro lui-même n'a pas été vu par notre équipe.
La jeune République d'Arménie est pauvre, encerclée, épuisée. Elle ne durera que deux ans. En décembre 1920, selon plusieurs sources, Jangir Agha accueille le pouvoir soviétique [10][14]. Les sources n'expliquent pas ce choix, et nous n'en faisons ni un acte d'adhésion ni une résignation.
Une révolte antibolchevique de février 1921 est parfois mise à son compte en ligne ; l'historien Vigen Avetisyan l'attribue à Usub Bek, et rien ne permet de l'affirmer de Jangir Agha [9][21]. Sur ces années, les sources sont presque muettes.
L'ombre soviétique
Son fils Suren naît en 1936, le dernier de ses sept enfants, « quand son père venait de partir en exil », dit Allison ; les deux données ne s'accordent pas exactement [1]. À la fin des années 1930, dans la vague de répression de la dékoulakisation et de la Grande Terreur, l'ancien chef tribal est arrêté et déporté, en 1937 ou 1938 selon les sources : le fait est établi, l'année est discutée [1][9][10]. L'historien de la littérature kurde soviétique Tosinê Reşîd le nomme parmi les écrivains et les notables d'Arménie de langue kurmancî jetés en prison ou exilés « sur des accusations sans fondement » [56].
Selon une étude de 2025, il se serait présenté comme « Kurde yézidi » lors de son arrestation, à une époque où les Êzdî étaient comptés parmi les Kurdes dans les statistiques soviétiques (de la fin des années 1930 au recensement de 1989) [27]. L'étude s'appuie sur un ouvrage publié à Erevan en 2018 [59] ; ni ce livre ni le dossier n'ont été vus par notre équipe.
Il meurt en 1943, à 68 ou 69 ans, dans la région de Saratov, où il avait été exilé ; plusieurs sources parlent de la prison de Saratov [1][4][10]. Une encyclopédie russe en ligne donne l'année 1938 [49] ; nous retenons 1943, avec la plupart des sources. Sa mort, écrit Allison, « est entourée de mystère » [1]. D'autres récits parlent de Sibérie, d'exécution, d'un corps brûlé : ce sont des traditions sans source, que la cérémonie de 2015, rattachée à un cimetière de la région de Saratov, rend peu probables [17]. L'emplacement de sa tombe n'est pas établi.
Il est réhabilité à titre posthume, en 1959 selon la plupart des sources, en 1956 selon la radio publique d'Arménie [9][10][14][19].
Les papiers de la famille sont détruits, selon la mémoire familiale. Il reste le témoignage de Suren, interrogé par Allison en 2006 [1].
La mémoire
En 2006 encore, le chanteur Binbaş, d'Elegyez, chantait le kilamê ser de Jangir Agha [1]. D'autres dengbêj, Reso et Şibiliyê Çaçan, ont leur version ; chez Reso, il est Cîhangîr axa kela mêrane, « Cîhangîr Axa, citadelle des braves » [54]. Dans l'ex-URSS, rapporte Wikipédia en kurmancî, on levait le verre à son nom aux noces [54]. C'est la mémoire vivante : elle se transmet sans papier.
En 2004, une statue en tuf est érigée dans le parc Nansen à Erevan, œuvre des sculpteurs Artik et Andranik Kotcharyan. Elle le représente en tenue militaire et porte une inscription de gratitude à « un ami de la nation arménienne » [1][14][20]. Le 20 février 2013, une salle à son nom ouvre à l'Institut militaire Vazgen Sargsyan [23].
Les 22 et 23 avril 2015, à Aknalich, devant le Mîr Tahsin Beg et le ministre Seyran Ohanyan, son petit-fils Vazor Adoyan dépose au pied de son monument, avec les honneurs militaires, de la terre apportée d'un cimetière de village de la région de Saratov, que le ministère arménien de la Défense présente comme son lieu d'exil. Une médaille « Jangir Agha » est remise ce jour-là, et la première pierre d'un sanctuaire est posée, celui de la Quba Mêrê Dîwanê, inaugurée à l'automne 2019 [17][18][26]. Il ne s'agit pas d'une dépouille rapatriée : il s'agit de terre, et d'un geste de mémoire.
En 2016, la 4e ruelle Chahinyan, dans l'arrondissement d'Avan à Erevan, devient la rue Jangir Agha [19][24]. À cette occasion, la mairie d'Erevan écrit qu'il avait reçu une croix de Saint-Georges pour sa bravoure sous le commandement de Dro ; nous n'avons vu aucune pièce qui l'atteste [24]. Dans les années 1990, un détachement de volontaires êzdî portant son nom combat dans la guerre du Karabagh sous Aziz Tamoyan (source unique) [25].
Deux mémoires, un héros. Chef êzdî du pays de Van, kurmancophone, Jangir Agha est revendiqué comme héros par les deux courants de la communauté êzdî d'Arménie [1]. Pour la grande majorité des Êzdî d'Arménie et de Géorgie, il est le « héros national êzdî », et beaucoup comptent des ancêtres parmi ses cavaliers [57]. Certaines sources, dont Wikipédia en anglais et en kurmancî, le présentent comme kurde-yézidi ; en Arménie, ceux qui se disent êzdî et ceux qui se disent kurdes le revendiquent tous deux [1][9][54].
La tradition retient le refrain : bavê Bava, le père des pères.