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Mémoire

Mémoire yézidie

Mémoire.
Chaque nom compte.

Cette page rassemble les jalons historiques, les voix qui les ont traversés, les chiffres documentés, et la cartographie de la diaspora yézidie. Toute publication nominative se fait avec consentement explicite des familles.

Timeline 1915 → 2014

Une mémoire en seuils

1915 — 1918

Sayfo et persécutions de l’Empire ottoman tardif

Pris dans la séquence génocidaire qui frappe les minorités chrétiennes et non musulmanes de l’Empire ottoman tardif, des communautés yézidies du Tur Abdin, de Mardin et du Sinjar sont décimées ou contraintes à l’exode. Une partie des survivants gagne le Caucase et y forme, dans la décennie suivante, la base de la diaspora ex-soviétique d’Arménie et de Géorgie qui constitue aujourd’hui la majorité de la communauté yézidie de France.

1937

Opérations ethniques staliniennes

Dans le cadre des répressions massives de la Grande Terreur, les yézidis du Caucase subissent des arrestations, des quotas ethniques et des exécutions. Des intellectuels et des chefs religieux sont déportés. Cette séquence, moins documentée que les génocides ottoman et de Sinjar, reste une blessure vive dans la mémoire collective de la diaspora ex-URSS.

1944

Déportations du Caucase vers l’Asie centrale

Dans le prolongement des déportations de peuples du Caucase ordonnées par Staline, des familles yézidies sont déplacées de force vers le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Beaucoup ne reviendront jamais. Les survivants reconstruisent leur vie en Arménie et en Géorgie après la mort de Staline.

3 août 2014

Sinjar — Le génocide perpétré par Daech

Daech attaque les villages yézidis autour du mont Sinjar (Şingal). Des milliers d’hommes sont exécutés, des milliers de femmes et d’enfants enlevés et réduits en esclavage. Le 15 août, le village de Kocho est anéanti. Le génocide est qualifié comme tel par la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie (rapport « They came to destroy », 15 juin 2016) et par le Parlement européen (résolution du 4 février 2016).

Nadia Murad et Denis Mukwege reçoivent conjointement le prix Nobel de la paix 2018 « pour leurs efforts visant à mettre fin à l’emploi des violences sexuelles comme arme de guerre ».

Voix publiques

Témoignages sourcés

Cette section ne reproduit que des paroles déjà publiques, attribuées à leurs auteurs, accessibles en source primaire. Aucun nom de victime n’est inscrit ici sans consentement de la famille concernée.

« On ne peut pas reconstruire ce qui a été détruit en niant qu’on l’a détruit. La justice est la seule voie vers une paix qui dure. »

Nadia Murad — survivante du génocide de Sinjar, prix Nobel de la paix 2018. Discours public, déclarations recueillies par le Comité Nobel et l’ONU.

« Notre peuple est en train de disparaître. Je vous parle au nom de l’humanité. Sauvez-nous. »

Vian Dakhil — députée yézidie au Parlement irakien. Discours du 5 août 2014 devant le Parlement irakien (intervention diffusée publiquement).

« Ils nous ont rassemblés à l’école du village. Les hommes d’un côté, les femmes et les enfants de l’autre. Nous savions ce qui allait arriver. »

Témoignage anonyme d’un survivant de Kocho — recueilli par Amnesty International, rapport Ethnic Cleansing on a Historic Scale, septembre 2014.

Comptage et documentation

Chiffres documentés

Ces chiffres proviennent de l’ONU, de la Commission d’enquête sur la Syrie, du projet de documentation démographique mené par Valeria Cetorelli (LSE) et Yazda, et d’études universitaires révisées par les pairs.

≈ 5 000 hommes tués en août 2014 dans la région de Sinjar Commission ONU, 2016
≈ 6 800 femmes et enfants enlevés et réduits en esclavage Yazda, terrain Sinjar
17 fosses communes exhumées dans le seul village de Kocho (2019-2020) USHMM, ICMP
≈ 2 700 personnes toujours portées disparues Estimations Yazda, 2023

Diaspora

Là où vit la mémoire

Les estimations qui suivent proviennent des recensements nationaux quand ils existent, sinon des travaux académiques de référence et des estimations communautaires les plus prudentes.

France

10 000 – 12 000

Diaspora majoritairement d’origine ex-URSS (Arménie, Géorgie, Russie, Ukraine). Première vague soviétique tardive, accueil de familles irakiennes après 2014.

Arménie

≈ 31 000 – 35 000

Plus grande minorité ethnique d’Arménie. Recensement 2011 : 35 308.

Géorgie

≈ 8 000 – 12 000

Communauté concentrée à Tbilissi (Varketili). Centre Sultan Êzîd inauguré en 2015.

Russie

≈ 40 000

Recensement 2010. Communautés à Moscou, Saint-Pétersbourg, Nijni Novgorod, Ekaterinbourg.

Ukraine

2 000 – 5 000

Estimations pré-2022, notamment à Kharkiv. État post-invasion partiellement documenté.

Irak

400 000 – 500 000

Sinjar, Sheikhan, Lalish. Part significative encore en situation de déplacement interne après 2014.

Allemagne

≈ 200 000 – 250 000

Plus grande diaspora yézidie d’Europe occidentale. Quba Mêr Dîwanê de Hanovre.

Appel aux familles

Contribuer à la mémoire

Si vous êtes une famille yézidie en France et que vous souhaitez qu’un proche disparu soit inscrit dans la mémoire publique de notre association, vous pouvez nous contacter. Toute inscription nominative se fait uniquement avec votre consentement explicite, à partir de la documentation que vous nous transmettez, et selon le rythme que vous choisissez. Vous restez à tout moment libres de retirer un nom.

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